HANSE STRAFRECHT
Long couloir de tribunal bordé de portes fermées et de bancs d’attente.

Audience

Procédure pénale : le déroulement de l'audience de jugement et le tribunal compétent

Auteure
Rechtsanwältin Virginia Elisabeth von Burgsdorff
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9 minutes de lecture
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Le déroulement d'une procédure pénale à l'audience de jugement (en allemand : Hauptverhandlung) est fixé par la loi et il est le même dans chaque affaire : appel de la cause, interrogatoire sur l'identité, lecture de l'énoncé de l'accusation, information sur les droits, prise de position, administration des preuves, plaidoiries finales, dernier mot, jugement (§§ 243, 244, 258, 260 StPO).

Le tribunal qui juge dépend de la peine à attendre dans le cas d'espèce : le Strafrichter, juge pénal statuant seul, le Schöffengericht ou la Strafkammer près le Landgericht (§§ 24, 25, 28, 74 GVG). Combien de temps cela dure et comment cela se termine n'est pas pour autant établi ; le cadre, lui, l'est.

01

Quel tribunal est compétent ?

Le point de départ est la peine attendue, non la dénomination de l'infraction.

L'Amtsgericht, le tribunal de première instance, est compétent lorsqu'il n'est pas à attendre de peine supérieure à quatre ans de privation de liberté et que l'autorité de poursuite ne saisit pas le Landgericht en raison du besoin particulier de protection de personnes lésées, de l'ampleur ou de l'importance de l'affaire.

Il ne peut pas non plus prononcer une peine supérieure à quatre ans (§ 24 Abs. 1 und 2 GVG).

Au sein de l'Amtsgericht, le Strafrichter statue seul pour les délits lorsqu'ils sont poursuivis par la voie de l'action privée ou qu'il n'est pas à attendre de peine supérieure à deux ans de privation de liberté (§ 25 GVG).

Sinon, c'est le Schöffengericht qui juge (§ 28 GVG), composé d'une juge ou d'un juge de l'Amtsgericht à la présidence et de deux Schöffen (§ 29 Abs. 1 GVG). Les Schöffen sont des juges non professionnels exerçant à titre honorifique.

Selon le § 30 Abs. 1 GVG, ils exercent pendant l'audience de jugement la fonction de juge dans toute son étendue et avec le même droit de vote que les juges de l'Amtsgericht ; ils votent donc aussi sur la culpabilité et sur la peine. Pour les Schöffen des Strafkammern, il en va de même selon le § 77 Abs. 1 GVG.

Les décisions prises en dehors de l'audience de jugement reviennent en revanche au juge seul (§ 30 Abs. 2 GVG).

La Strafkammer près le Landgericht, le tribunal régional, est compétente en première instance pour tous les crimes qui ne relèvent ni de l'Amtsgericht ni de l'Oberlandesgericht, ainsi que dans les autres cas énumérés au § 74 Abs. 1 GVG. Pour certaines infractions graves, que le § 74 Abs. 2 GVG énumère une à une, la Strafkammer statue comme Schwurgericht, la formation prévue pour ces infractions.

La grande Strafkammer est composée de trois juges, président inclus, et de deux Schöffen (§ 76 Abs. 1 GVG). Elle décide de sa composition pour l'audience de jugement lors de l'ouverture des débats : dans les cas cités au § 76 Abs. 2 GVG, trois juges y concourent, dans les autres cas deux juges, président inclus, et deux Schöffen.

Le § 76 Abs. 3 GVG indique quand le concours d'un troisième juge est en règle générale nécessaire.

02

Quels sont ces tribunaux à Hambourg ?

En première instance, l'Amtsgericht Hamburg est compétent. Il ne s'agit pas d'un bâtiment unique : en font partie l'Amtsgericht Hamburg (-Mitte) et les sept tribunaux de quartier d'Altona, Barmbek, Bergedorf, Blankenese, Harburg, St. Georg et Wandsbek.

Pour les affaires pénales existe un segment pénal propre, rattaché à l'Amtsgericht Hamburg (-Mitte) au Sievekingplatz. Le site compétent dans un cas donné se détermine d'après le lieu des faits ; l'indication figurant sur votre citation fait foi.

Pour les procédures de première instance devant la Strafkammer et pour les appels contre les jugements de l'Amtsgericht, le Landgericht Hamburg est compétent, et au-dessus se trouve le Hanseatisches Oberlandesgericht.

03

Le déroulement de la procédure pénale à l'audience de jugement

Appel de la cause. L'audience commence par l'appel. Le président constate si la personne accusée et l'avocat de la défense sont présents et si les moyens de preuve ont été réunis (§ 243 Abs. 1 StPO). Doivent être présentes sans interruption les personnes appelées à rendre le jugement, l'autorité de poursuite et un greffier du service (§ 226 Abs. 1 StPO).

L'audience, y compris le prononcé des jugements, est publique ; les enregistrements destinés à la publication ne sont pas admis (§ 169 Abs. 1 GVG).

Témoins et identité. Les témoins quittent la salle d'audience. Le président interroge la personne accusée sur sa situation personnelle (§ 243 Abs. 2 StPO) ; il ne s'agit pas là du reproche, mais du nom, de l'âge et de la profession.

Énoncé de l'accusation. L'autorité de poursuite donne lecture de l'énoncé de l'accusation (§ 243 Abs. 3 StPO). Le président indique ensuite si des échanges ont eu lieu au sujet d'une entente négociée (§ 243 Abs. 4 StPO).

Information sur les droits et prise de position. La personne accusée est informée qu'elle est libre de s'exprimer sur l'accusation ou de ne pas déposer sur le fond (§ 243 Abs. 5 StPO). Le point de savoir si et ce qu'elle dit relève de la préparation, non de la salle d'audience.

Administration des preuves. Après l'interrogatoire de la personne accusée suit l'administration des preuves (§ 244 Abs. 1 StPO). Le tribunal doit, pour la recherche de la vérité, l'étendre d'office à tous les faits et moyens de preuve qui ont de l'importance pour la décision (§ 244 Abs. 2 StPO).

Les participants peuvent par ailleurs présenter des demandes de preuve ; les conditions dans lesquelles une telle demande peut être rejetée sont réglées par le § 244 StPO dans ses alinéas suivants.

Après chaque acte d'administration des preuves, la personne accusée doit en principe être interrogée sur le point de savoir si elle a quelque chose à déclarer à ce sujet ; sur demande, l'autorité de poursuite et la défense en ont également l'occasion (§ 257 Abs. 1 und 2 StPO).

Plaidoiries finales et dernier mot. Après la clôture de l'administration des preuves, l'autorité de poursuite d'abord, puis la personne accusée, prennent la parole pour leurs développements et leurs demandes ; ce sont les plaidoiries. L'autorité de poursuite dispose du droit de réplique, et le dernier mot revient à la personne accusée.

Même si un avocat de la défense a parlé pour elle, elle doit être interrogée sur le point de savoir si elle a encore quelque chose à faire valoir pour sa défense (§ 258 Abs. 1 bis 3 StPO).

Jugement. L'audience de jugement se termine par le prononcé du jugement qui suit le délibéré (§ 260 Abs. 1 StPO). Le tribunal statue sur le résultat de l'administration des preuves selon sa libre conviction, puisée dans l'ensemble des débats (§ 261 StPO).

Le prononcé se fait par la lecture du dispositif et l'exposé des motifs ; la lecture du dispositif doit en tout cas précéder la communication des motifs (§ 268 Abs. 2 StPO).

Le jugement doit en principe être prononcé à la clôture des débats et doit l'être au plus tard deux semaines après, faute de quoi l'audience de jugement est à reprendre depuis le début (§ 268 Abs. 3 StPO).

04

Dois-je comparaître ?

Oui. Sur ce point, la marge est mince. Aucune audience de jugement n'a lieu contre une personne accusée absente (§ 230 Abs. 1 StPO).

Si l'absence n'est pas suffisamment excusée, la comparution forcée doit être ordonnée ou un mandat d'arrêt délivré, dans la mesure où cela s'impose pour la tenue de l'audience de jugement (§ 230 Abs. 2 StPO). Qui laisse la citation de côté ne risque donc pas seulement une nouvelle date.

Les exceptions sont étroites. Il peut être statué sans la personne accusée lorsqu'elle a été régulièrement citée, qu'elle en a été avertie dans la citation et que seules entrent en ligne de compte les conséquences juridiques citées au § 232 Abs. 1 StPO, notamment une peine d'amende allant jusqu'à 180 jours-amende, unités journalières, ou une interdiction de conduire.

Sur demande, la personne accusée peut être dispensée de l'obligation de comparaître aux conditions du § 233 Abs. 1 StPO ; cela suppose là encore une peine attendue étroitement délimitée. Le point de savoir si l'une de ces voies est ouverte est à clarifier avant l'audience.

05

Qu'est-ce qu'une entente négociée ?

Le tribunal et les participants à la procédure peuvent, dans les cas qui s'y prêtent, s'entendre sur la suite et sur l'issue de la procédure (§ 257c Abs. 1 StPO).

Ne peuvent en être l'objet que les conséquences juridiques susceptibles de figurer dans le jugement, les autres mesures relatives à la procédure et le comportement procédural des participants ; des aveux doivent en principe faire partie de toute entente négociée. La déclaration de culpabilité et les mesures d'amendement et de sûreté ne peuvent pas en être l'objet (§ 257c Abs. 2 StPO).

Le tribunal cesse d'être lié aux conditions énoncées au § 257c Abs. 4 StPO, par exemple lorsque des circonstances significatives ont été négligées ou surviennent ; les aveux ne peuvent alors pas être utilisés. Une entente négociée n'est pas un contrat sur l'issue de l'affaire.

06

Que vaut-il après le jugement ?

Contre les jugements du Strafrichter et du Schöffengericht est ouverte l'appel devant la Strafkammer du Landgericht (§ 74 Abs. 3 GVG) ; la petite Strafkammer statue avec le président et deux Schöffen (§ 76 Abs. 1 GVG). L'appel doit être formée dans la semaine suivant le prononcé du jugement auprès du tribunal du premier degré (§ 314 Abs. 1 StPO).

Pour la révision vaut le même délai d'une semaine à compter du prononcé (§ 341 Abs. 1 StPO).

Qui a laissé passer l'un de ces délais sans faute de sa part peut envisager la restitution du délai, le rétablissement dans la situation antérieure à l'expiration du délai (§ 44 Satz 1 StPO) ; la demande doit être déposée dans la semaine suivant la disparition de l'obstacle, et la voie de recours doit être exercée dans ce même délai (§ 45 Abs. 1 und 2 StPO).

Un délai manqué ne signifie donc pas sans autre que l'affaire est close ; le point de savoir si les conditions sont réunies relève du tribunal. Sur la révision statue un tribunal différent selon le jugement attaqué.

Pour les jugements du Strafrichter qui ne sont pas susceptibles d'appel et pour les jugements d'appel des petites et grandes Strafkammern, les Oberlandesgerichte sont compétents (§ 121 Abs. 1 Nr. 1 Buchstaben a und b GVG), à Hambourg donc le Hanseatisches Oberlandesgericht.

Sur la révision contre les jugements rendus par les Landgerichte au premier degré statue le Bundesgerichtshof, la Cour fédérale de justice (§ 135 Abs. 1 GVG). Pour un jugement de l'Amtsgericht, le chemin passe donc par l'appel devant le Landgericht et de là, par la révision, devant l'Oberlandesgericht.

Ces délais sont courts. Qui souhaite d'abord réfléchir après le prononcé devrait savoir que la semaine court déjà.

07

Qu'est-ce qui est différent dans la procédure pour mineurs ?

Les écarts de conduite des mineurs relèvent des juridictions pour mineurs : le Jugendrichter, le juge compétent pour les mineurs, le Jugendschöffengericht et la Jugendkammer (§ 33 Abs. 1 und 2 JGG). L'audience n'y est pas publique (§ 48 Abs. 1 JGG) ; si des jeunes adultes ou des adultes sont également accusés, elle est publique (§ 48 Abs. 3 JGG).

Questions fréquentes

Combien de temps dure une audience de jugement ?

Cela dépend de l'ampleur de l'administration des preuves et ne peut être dit à l'avance. La loi ne prescrit aucune durée, mais bien l'ordre des étapes (§§ 243, 244, 258, 260 StPO).

Non. Il vous est expressément indiqué que vous êtes libre de vous exprimer sur l'accusation ou de ne pas déposer sur le fond (§ 243 Abs. 5 StPO). Les indications relatives à l'identité sont à distinguer de cela. Le point de savoir si une prise de position est judicieuse relève de la préparation.

En règle générale oui, l'audience est publique (§ 169 Abs. 1 GVG). Les enregistrements destinés à la publication ne sont pas admis. Dans la procédure pour mineurs, l'audience n'est pas publique (§ 48 Abs. 1 JGG).

Si l'absence n'est pas suffisamment excusée, la comparution forcée peut être ordonnée ou un mandat d'arrêt délivré (§ 230 Abs. 2 StPO). Si vous tombez malade le jour de l'audience, signalez-le immédiatement au tribunal et faites attester médicalement votre incapacité à comparaître.

Ces informations sont de nature générale et ne remplacent pas un conseil juridique adapté à votre situation. Elles reflètent l'état des textes de loi vérifiés au 10 août 2026.

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Dispositions citées

Les dispositions citées dans cet article, avec le texte officiel allemand en référence.